En 1994, quatre ans après la création de son entreprise au Mans, Philippe Jauneau met au point téléalerte, un automate d’appels qui marque le début d’une nouvelle approche de l’alerte à la population. Depuis, ciitélécom n’a cessé de faire évoluer ses solutions pour aider les collectivités, les services de secours, les industriels et les organisations sensibles à anticiper les risques et à agir rapidement. Du ciblage cartographique aux dispositifs d’alerte sur le terrain, puis à épicrise, logiciel de préparation et de gestion opérationnelle des crises, l’entreprise construit progressivement un écosystème complémentaire. À l’occasion d’une interview radio de son fondateur, retour sur cette évolution, sur les options de téléalerte et sur le nouveau siège bioclimatique inauguré au Mans en 2023.
En 1994, quatre ans après la création de CII Industrielle au Mans par Philippe Jauneau, un premier automate d’appels voit le jour : téléalerte. À une époque où prévenir des dizaines ou des centaines de personnes nécessite encore des appels manuels, cette innovation ouvre une nouvelle perspective. Un responsable peut désormais préparer un message, désigner les destinataires et lancer une diffusion automatisée. L’objectif est déjà celui qui guidera toute l’histoire de ciitélécom : réduire le temps séparant la connaissance d’un danger de la transmission d’une consigne utile.
Cette évolution ne se limite pas à un gain de productivité. Dans une situation d’urgence, chaque appel réalisé manuellement mobilise du personnel et retarde parfois la prise en charge des personnes exposées. L’automatisation permet de concentrer les équipes sur les décisions et les interventions. Elle constitue aussi une réponse à la diversité des risques : montée des eaux, accident industriel, événement météorologique ou nécessité de mobiliser rapidement des agents.
En 1999, une version de l’automate est développée pour les mairies ; en 2001, une autre répond aux besoins des préfectures. En 2003, le brevet médiasig® associe cartographie et automate d’appels. Le périmètre du danger peut alors devenir un critère de ciblage des destinataires. Cette innovation préfigure le couplage entre automates d’appels et cartographie d’alerte, qui permet d’adapter les consignes aux zones réellement exposées. Ce passage d’une diffusion générale à une alerte géographiquement pertinente accompagne la montée en compétence des acteurs territoriaux.
L’entreprise poursuit cette transformation en proposant, dès 2007, un modèle hébergé en mode SaaS, puis en développant en 2008 une offre adaptée aux sites Seveso. En 2015, CII Industrielle prend le nom de ciitélécom, reflet d’une spécialisation déjà ancienne dans les télécommunications. Ce parcours témoigne de l'évolution progressive de l'entreprise vers les technologies de communication d'urgence.
La solution historique a profondément évolué. Aujourd’hui, ciitélécom annonce une capacité pouvant atteindre 410 000 alertes par heure via 3 500 lignes, en fonction des conditions et des caractéristiques des campagnes. Les solutions reposent sur deux plateformes hébergées en France, sécurisées, géographiquement distantes et redondées. Une astreinte humaine accompagne cette organisation vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept.
Cette architecture répond à un besoin essentiel des collectivités, des services de secours et des industriels : disposer d’un moyen de communication opérationnel même lorsqu’un événement survient en dehors des horaires habituels. Une alerte ne peut dépendre de la présence d’un technicien dans les locaux du client. Le service hébergé permet aux utilisateurs habilités de lancer leurs campagnes depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone.
Les appels vocaux, les SMS, les courriels et les télécopies constituent les principaux moyens de diffusion. Les organisations peuvent préparer leurs scénarios, définir les groupes concernés, choisir les canaux et suivre les résultats. Les statistiques de campagne et les possibilités d’acquittement, selon le média utilisé, facilitent la traçabilité des alertes. Le fonctionnement de téléalerte, automate d’appels multimédia, illustre cette approche.
Une commune confrontée à une crue n’a pas nécessairement les mêmes destinataires qu’un établissement hospitalier activant un plan blanc. De même, un industriel doit pouvoir prévenir des équipes spécialisées avant d’informer un périmètre plus large. La pertinence des listes de contacts, la brièveté des messages et la clarté des consignes restent donc aussi importantes que la puissance de diffusion. La traçabilité des décisions et des messages en situation de crise permet également d’évaluer les actions engagées. La préparation des campagnes et des modes de déclenchement contribue à cette efficacité.
L’alerte doit pouvoir être déclenchée sans hésitation. Développé initialement en 2015 puis renouvelé en 2019, le boîtier Reflex permet de lancer un scénario préconfiguré par une action physique simple. Il répond aux contraintes des établissements scolaires, des bâtiments sensibles, des sites industriels et des organisations confrontées à des événements soudains. Les destinataires et les consignes sont préparés en amont, afin que le déclenchement reste simple même sous stress.
L’alerte individuelle ne couvre pas toutes les situations. Une sirène peut attirer l’attention des personnes présentes sans inscription préalable ; une colonne lumineuse peut signaler un danger dans un atelier bruyant ; un panneau à messages variables peut maintenir une consigne visible ; une connexion à un réseau radio existant peut soutenir les échanges des équipes sur le terrain. Ces fonctions sont détaillées dans les options complémentaires de téléalerte.
L’enjeu n’est pas de multiplier les équipements, mais de les articuler autour de scénarios cohérents. Une organisation peut ainsi distinguer le signal qui attire l’attention, le message qui explique la situation, le dispositif qui mobilise les équipes et les moyens qui permettent de coordonner l’intervention. Les sirènes d’alerte connectées illustrent cette complémentarité avec les messages individualisés.
Les bases de contacts ne reflètent jamais parfaitement la présence réelle sur un territoire. Un touriste, un promeneur ou un visiteur peut se trouver dans une zone dangereuse sans être connu de la commune. Pour répondre à cette limite, ciitélécom a développé La Vigie, un équipement connecté à téléalerte associant diffusion sonore, caméra et capteurs. Il permet de porter une consigne directement dans l’espace public.
La Vigie permet également une levée de doute visuelle et apporte des informations utiles aux responsables habilités, dans le cadre des règles applicables à ces dispositifs. Elle répond notamment aux enjeux d’accès à l’alerte pour les populations vulnérables et difficiles à joindre. Plages, places publiques, parcs, stades ou zones touristiques constituent des contextes où l’intérêt de cette approche est particulièrement concret. La solution La Vigie pour l’alerte sonore et la supervision terrain prolonge ainsi les capacités de l’automate d’appels sans remplacer les autres canaux.
Avec épicrise, l’entreprise franchit une nouvelle étape : accompagner non seulement la diffusion d’une alerte, mais aussi la préparation et la conduite de la réponse à un événement. Les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS) et Plans Intercommunaux de Sauvegarde (PICS) doivent identifier les risques, les personnes à mobiliser, les moyens disponibles et les actions attendues. Leur utilité dépend de leur mise à jour et de leur accessibilité lorsque survient la crise.
La solution rassemble ces informations dans un environnement numérique. Elle permet de recenser les aléas connus à partir de sources de données ouvertes, de compléter cette connaissance par l’expertise locale, puis d’associer aux scénarios des responsables, des missions, des ressources et des bâtiments mobilisables. Un plan ne reste plus seulement un document de référence : il devient un support de préparation et d’exécution. Les fonctionnalités du logiciel épicrise pour PCS et PICS détaillent cette démarche.
L’intégration native avec téléalerte rapproche la préparation des scénarios et la diffusion des messages nécessaires à leur mise en œuvre. Lorsqu’un événement exige de prévenir des habitants ou de mobiliser des agents, l’organisation définie en amont peut s’appuyer sur les moyens d’alerte déjà prévus. L’historisation des actions et communications contribue ensuite au retour d’expérience et à l’amélioration des procédures.
Le 6 septembre 2023, ciitélécom inaugure son nouveau siège au 335 bis, avenue Rhin-et-Danube, au Mans. Le bâtiment de 300 m², implanté sur un terrain de 6 000 m², représente un investissement d’environ 1,2 million d’euros. Conçu avec Christophe Debec, de l’Atelier Autre Territoire, et réalisé avec des entreprises locales, il accompagne le développement de la société tout en confirmant son attachement à la Sarthe.
Le siège comprend notamment un patio intérieur, une salle de sport, un toit-terrasse végétalisé et des espaces extérieurs aménagés. Ces choix traduisent une attention portée aux conditions de travail et aux échanges entre collaborateurs.
Le projet s’inscrit dans une démarche HQE et bioclimatique : attention à l’isolation, à la lumière naturelle, à la ventilation, aux consommations énergétiques, à l’eau et à la végétalisation. Cette approche rejoint la culture de prévention de l’entreprise. Concevoir un bâtiment durable, confortable et sobre revient aussi à anticiper les contraintes futures.
Le bâtiment ne doit pas être confondu avec les plateformes de diffusion d’alerte, qui sont hébergées sur des infrastructures françaises sécurisées et redondées. Il incarne plutôt l’engagement territorial et environnemental de l’entreprise, ainsi que sa volonté de donner à ses équipes un cadre de travail favorable à la conception et au suivi de solutions exigeantes.
L’histoire de ciitélécom ne se résume pas à une succession de produits. La naissance de téléalerte a permis d’accélérer la diffusion des consignes ; médiasig® a renforcé le ciblage territorial ; le boîtier Reflex a simplifié le déclenchement ; La Vigie a étendu l’alerte aux personnes présentes dans l’espace public ; épicrise rapproche désormais les plans de sauvegarde de leur mise en œuvre opérationnelle.